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Les Anciennes Tailleries de Meules


Il existe sur Bagnols-en-Forêt, 3 gisements principaux, dont le plus important est celui dit de la « Forteresse ».

Sa superficie est de 24 hectares (800 m de longueur sur 300 m de largeur)

Sa superficie hors tout est de 2400 m² pour une surface propice à l’habitat de 1000 m² dont 400 m² utilisés pour les cabanes.

Le site a été occupé de la période du Bronze Ancien (donc de 1800 à 750 avant J.C.) jusqu’au 18ème siècle.

Il a fait l’objet de 5 campagnes de fouilles, de 1971 à 1975, effectuées par Monsieur G. Désirat, du Centre Archéologique du Var, qui a consigné dans son livre le résultat de ses recherches.

En 1745 : 40 pierres sont importées de Hollande.
En 1755 : 150 pierres sont importées du Levant.
Le poids de ces importations devient de plus en plus lourd dans les circuits d’approvisionnement provençaux.

A noter également la présence de gisements sur les communes de Fréjus et du Puget-sur-Argens (juste au-dessous de celui de la « Forteresse ») et, moins important, dans le massif du Rouët, sur la commune du Muy.

Les meules sont extraites de la roche mère de l’Estérel, massif formé par les éruptions volcaniques de l’ère Permienne (250 à 280 millions d’années). La roche est de la Rhyolite amarante, matériau très dur.

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Étaient extraites :

-Des meules pour moulins à fente (âge du fer).-Des petites meules de 36 à 45 cm de diamètre, pour une épaisseur
de 10 à 13 cm, destinées aux moulins à grains familiaux (époque Gallo-Romaine).
-Des mortiers circulaires (époque médiévale).
-Des bassins carrés (époque médiévale).
-Des meules de grandes dimensions pour moulins à huile et à blé, dont les diamètres variaient de 90 cm à 1,60 m, pour des épaisseurs de 15 à 50 cm (du XVIe au XIXe siècle). Leur poids variant de 600 à 1200 kilos.

Les aires de diffusion :

Jusqu’au XVIIe – XVIIIe siècle les rhyolites amarantes sont en toute logique, présentes en Provence Centrale et Orientale, (provenance de l’Estérel) mais aussi vendues en Haute Provence, jusqu’à Forcalquier, Castellane, Riez, Barrême, Entrevaux, et même en Basse Provence occidentale, à Allauch, Collongue, Martigues.
Marseille expédie ses meules dans toute la Provence. Les Françaises se répandent à l’époque moderne dans la totalité des départements de l’actuelle région Provence – Alpes – Côte d’Azur.

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Commercialisation :

A l’époque moderne, (c’est à dire postérieurement au XVIIIe siècle) certaines pierres sont bon marché, les Marseillaises valent 50 à 100 livres, les Barcelone environ 40 livres mais une Fréjus atteint 250 livres et les Françaises sont ruineuses, jamais moins que 250 livres et le plus souvent 400 à 500 livres et plus.
Il faut dire que les Françaises constituaient le meilleur en matière de qualité (silex) et celles de Fréjus en matière de longévité (rhyolite amarante).
Les meules ordinaires en conglomérat ont une durée de vie de 10 ans. Celles en silex (les Françaises) ou en rhyolite (Estérel) s’usent beaucoup moins vite.

En 1594 par exemple, à Rians (Var) une Fréjus, appelée également « Rougeau » est en service depuis 46 ans et on lui concède la possibilité de tourner encore au moins 5 ans et même par la suite de servir encore comme lit.

Ce qui précède nous permet de comprendre les raisons de l’abandon des anciennes carrières d’extraction des meules à Bagnols et probablement de celles de Puget et du Muy.

En effet, leurs lieux d’extraction étaient d’accès difficiles (pour Bagnols : à une altitude d’environ 400 m, avec une pente de 34 % sur plusieurs centaines de mètres pour arriver au Col de la Pierre du Coucou, d’où elles étaient chargées).

Mais à mon avis, c’est surtout la concurrence par des prix de revient nettement plus bas pour les meules importées d’Espagne (les « Barcelone »), et d’Italie, voir de Hollande ou du Levant.

En effet, comme nous l’avons vu précédemment, une « Barcelone » était vendue 40 livres, alors qu’une « Fréjus » atteignait 250 livres et une Française » pouvait atteindre jusqu’à 500 livres et plus.

Ceci est valable à partir de XVIIIe siècle, premières dates d’importations des meules des pays étrangers déjà cités, siècle où M. Désirat dans son livre sur Bagnols situait l’abandon du site de Bagnols.

Compte tenu de leur qualité inférieure (conglomérats) on peut se demander si la concurrence des meules de Marseille eut une influence sur l’abandon de ce site à moins que ce ne soit les ventes de meules provenant de l’importation (celles-ci transitant par le port de Marseille).

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